Au Nom du Marché

Éditeur MNH

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Ce livre est une critique théologique du libéralisme économique comme forme moderne d'une violence sacrificielle continue à travers l'histoire ; l'auteur explore dans cet ouvrage une hypothèse à deux volets : il vérifie d'abord si une violence sacrificielle ne serait pas constitutive des fondements, du fonctionement et de l'idéologie de l'économie moderne de marché et si cette dynamique sacrificielle ne serait pas l'envers obligé d'une sacralisation de certaines réalités et objectifs du libéralisme économique. En second lieu, l'analyse se fait théologique à travers la vérification de cette structuration de l'économie de marché comme traduction contemporaine de la corrélation que la tradition biblique établit entre l'idolâtrie et les sacrifices humains.L'auteur présente la théorie d'anthropologie fondamentale que René Girard a élaborée à partir de l'élément paradigmatique du désir mimétique - lequel serait à l'origine de la violence dans les sociétés humaines - pour ensuite nous faire connaître les conclusions auxquelles quelques auteurs sont arrivés en appliquant les hypothèses girardiennes à l'économie de marché. Émerge ainsi une interprétation particulière du libéralisme économique comme étant la forme d'une violence sacrificielle propre aux sociétés modernes (marchandes).L'économie de marché est ensuite examinée d'un point de vue religieux : l'absolutisation ou la sacralisation de certains aspects du réel entraînant ou ayant pour corollaire obligé une relativisation ou une disqualification de certains autres aspects d'une même réalité, jusqu'aux personnes elles-mêmes, proprement sacrifiées mais selon des modalités d'abord économiques. En explorant la tradition biblique à propos de l'idolâtrie et du sacrifice humain qui y apparaissent intimement liés, on voit qu'ils sont réprouvés parce que contradictoires avec l'identité et le rêve «social» du Dieu d'Abraham et de Jésus.En menant une confrontation théologique des aspects fondamentaux du libéralisme économique, l'auteur nous conduit à la délégitimation de ce libéralisme, idolâtre et porteur d'une violence sacrificielle constitutive. Dans cette perspective, et de façon convergente avec l'apport d'autres disciplines des sciences humaines, cette critique théologique ne propose donc rien de moins qu'un changement de paradigme qui aurait pour fondement l'humain et non le marché et esquisse en conclusion une alternative cohérente.

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